
Japon
Rayan RAMDANE - A5
Dans le cadre de ma dernière année d’études en kinésithérapie, j’ai eu la chance d’effectuer un stage de trois mois au Japon, à Kobe, dans un cabinet de kinésithérapie anglophone accueillant principalement une patientèle expatriée. Cette expérience a été extrêmement enrichissante, aussi bien sur le plan professionnel que personnel.
Au cours de cette mobilité, j’ai découvert une autre façon d’exercer la kinésithérapie. La prise en charge était davantage orientée vers les traitements passifs, en réponse aux attentes de nombreux patients, qui consultaient principalement pour être soulagés rapidement de leurs symptômes. J’ai également été surpris de constater que les kinésithérapeutes devaient davantage promouvoir leur activité afin de développer leur patientèle, les patients n’ayant pas toujours le réflexe de consulter un kinésithérapeute en première intention. Cette expérience m’a permis de mieux comprendre l’influence du système de santé et du contexte culturel sur la pratique professionnelle.
Le cabinet dans lequel j’ai réalisé mon stage était composé d’un kinésithérapeute allemand et d’une massothérapeute japonaise. La majorité des patients étaient des expatriés, ce qui m’a permis de travailler quotidiennement en anglais et de prendre en charge des personnes de nombreuses nationalités.
Au cours de mon stage, j’ai eu la chance d’assister à une séance d’entraînement des Kobelco Kobe Steelers, équipe professionnelle de rugby, et de l’équipe Cerezo Osaka, équipe professionnelle de football. J’ai pu échanger avec différentes personnes du staff médical, notamment des kinésithérapeutes, des athletic trainers, un préparateur physique, un judothérapeute ainsi que des entraîneurs. Cette immersion m’a permis d’observer le fonctionnement d’un staff médical de haut niveau et de mieux comprendre la collaboration entre les différents professionnels intervenant dans le suivi des sportifs.
Sur le plan personnel, cette mobilité m’a permis de découvrir la culture japonaise au-delà de l’image touristique que l’on peut en avoir. La vie quotidienne est particulièrement organisée, les transports en commun sont très développés et le respect des règles de vie collective est omniprésent. Les commerces de proximité, comme les 7-Eleven, FamilyMart ou Lawson, ouverts 24h/24, facilitent énormément le quotidien.
J’ai également apprécié découvrir la gastronomie japonaise. Il est possible de manger facilement à l’extérieur pour un coût relativement abordable, notamment dans les nombreuses chaînes de restaurants proposant des ramen, des sushis ou des donburi. En revanche, certains produits vendus en supermarché, comme les fruits ou le riz, sont généralement plus chers qu’en France, tandis que le poisson est particulièrement accessible et occupe une place importante dans l’alimentation quotidienne.
Le climat a également été une agréable surprise. Je suis arrivé fin décembre avec des températures d’environ 6 °C, puis un mois de janvier brièvement froid (comme en France) puis le temps s’est progressivement adouci à partir du mois de février. J’ai eu la chance d’assister à la floraison des cerisiers, un moment particulièrement marquant de mon séjour.

L’un des aspects les plus marquants de cette mobilité a été les rencontres humaines. Grâce à l’application Meetup et aux différentes activités auxquelles j’ai participé, j’ai rencontré de nombreux expatriés, voyageurs et habitants locaux avec lesquels je me suis rapidement lié d’amitié. Nous avons partagé de nombreuses sorties et découvert ensemble plusieurs villes de la région du Kansai, notamment Osaka, Kyoto, Nara et Kobe. Ces rencontres ont largement contribué à faire de ce séjour une expérience inoubliable, tant sur le plan personnel que culturel.
La principale difficulté rencontrée concernait la barrière de la langue. Une partie importante de la population ne parle pas anglais, ce qui peut compliquer certaines démarches administratives ou situations du quotidien. Les applications de traduction sont donc devenues indispensables et je conseille vivement aux futurs étudiants de commencer l’apprentissage du japonais plusieurs mois avant leur départ, même à un niveau débutant.
Concernant les aspects pratiques, j’ai été hébergé dans une share house Oakhouse située à une vingtaine de minutes à pied de mon lieu de stage. Ce type de logement est, selon moi, un excellent compromis entre budget et intégration puisqu’il permet de rencontrer rapidement d’autres étudiants et expatriés.
Avec le recul, je conseillerais aux futurs étudiants de préparer soigneusement leur budget avant le départ, car de nombreuses dépenses doivent être avancées avant le versement des aides financières. Je recommande également de comparer les différentes offres disponibles en matière d’assurance, de forfait téléphonique et de services bancaires afin de choisir les solutions les plus adaptées à vos besoins et d’optimiser le coût de votre mobilité.
Cette mobilité Erasmus+ restera l’une des expériences les plus marquantes de mon parcours. Elle m’a permis d’améliorer mon anglais, de découvrir une autre vision de la kinésithérapie, de rencontrer des personnes du monde entier et de sortir de ma zone de confort. Elle a également changé ma vision de mon avenir professionnel en me montrant qu’il est tout à fait possible d’exercer la kinésithérapie dans un contexte international. Je recommande vivement cette expérience à tous les étudiants souhaitant développer leurs compétences professionnelles, gagner en autonomie et vivre une aventure humaine exceptionnelle.
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